Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume : 19 octobre 2026
CHAPITRE XXXV.
(SUITE DU PRÉCÉDENT).
« Un petit fait, arrivé il y a peu de jours, vous fera mieux admirer la foi de nos chrétiens. J’avais été appelé par un malade à l’une des extrémités de mon district.
Après la messe, je vis entrer deux courriers qui me prièrent d’aller visiter un infirme, dans une chrétienté éloignée de dix lieues ; vite, je me remets en route avec eux. Chemin faisant, nous rencontrons une barque, c’étaient des fidèles qui m’apportaient un malade. Ne reconnaissant pas le batelier qui me conduisait, ils continuèrent de se diriger vers la paroisse que je venais de quitter, tandis que je me rendais dans une autre voisine de la leur.
Ces pauvres gens, après avoir ramé toute la journée, arrivent enfin sur le soir bien fatigués. Point de missionnaire ; que faire ? Ils se remettent en route, espérant me rejoindre avant mon départ ; nouvelle déception : j’avais poussé plus loin après avoir dit la sainte messe ; nos barques se rencontrèrent encore ; mais cette fois nos bateliers se reconnurent.
« Le malade me fit compassion plus encore que ses gens. Ne pouvant revenir sur mes pas, je lui offris d’entendre sa confession dans sa misérable barque, et puis de lui administrer l’extrême-onction.
Mais ce brave homme me répondit que depuis fort longtemps il n’avait pas eu le bonheur de communier, et que, puisqu’il était près de moi, il ne me quitterait point sans avoir été muni de tous les sacrements. Il lui fallut donc revenir jusqu’à notre chapelle et faire avec moi près de huit lieues» (Annales, etc., n. 116, p. 53, an. 1848).
Au même degré d’estime que la nôtre, le don de science met l’âme du prochain, et surtout de ceux qui nous sont unis par les liens du sang. Tandis qu’aujourd’hui, chez les chrétiens dégénérés de la vieille Europe, le mariage semble n’être, pour les époux, qu’une école de scandale réciproque, une espèce d’entreprise de damnation à frais communs ; parmi les fidèles nouvellement convertis, la grande préoccupation du mari est le salut de sa femme, et réciproquement.
Grâce à l’Esprit de science, ils comprennent combien est misérable une union de quelques jours, que la mort devrait briser éternellement ou rendre éternellement malheureuse.
« En 1840 fut arrêté dans le Tong-kin occidental un vertueux père de famille nommé Martin Tho. A dater du jour de son arrestation, il n’avait parti s’occuper que de son sacrifice, bien qu’il laissât une épouse et huit enfants. Admirable famille tout animée de l’esprit de son chef, loin de chercher à amollir son courage, elle faisait des vœux pour qu’il restât fidèle.