Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume : 3 novembre 2026
CHAPITRE XXXVI.
(FIN DU PRÉCÉDENT).
« Après une invocation solennelle au Saint-Esprit, un personnage, vêtu d’une longue robe de cérémonie, tira d’une urne les noms des deux premiers concurrents, qu’il appela d’une voix de stentor.
Un second personnage, paré du même costume, tira d’une autre urne un billet, sur lequel étaient indiqués les chapitres du catéchisme qui devaient faire la matière de l’examen ce qu’il proclama aussi à haute voix, et le concours commença.
Les deux candidats s’interrogeaient et se répondaient tour à tour, au milieu d’un silence profond, interrompu quelquefois par un petit roulement de tambour c’était lorsque l’un ou l’autre se trompait sur un mot.
« Alors ils s’arrêtaient jusqu’à ce que les examinateurs eussent jugé si l’erreur devait être considérée comme une faute ou non.
Il y avait seulement deux degrés : celui qui récitait imperturbablement et sans ombre de faute la partie qui lui était échue par le sort, obtenait le premier degré.
Un seul mot prononcé avec hésitation faisait passer au second degré. A trois fautes, on ne méritait ni blâme ni louanges ; à quatre on était censuré.
Les deux personnages à la longue robe proclamaient les noms des vainqueurs, qui étaient conduits, en procession et au bruit de la musique, à l’autel de la sainte Vierge.
Là, ils faisaient hommage à Marie de leur triomphe, se consacraient à elle par une prière spéciale, et s’en retournaient à leur place au milieu d’un redoublement de musique.
« Le concours, qui avait duré jusqu’au matin, fut terminé par une messe d’actions de grâces, suivie d’une large distribution de croix, de médailles et de chapelets. Mais cette multitude avait faim ; on ne pouvait pas les renvoyer à jeun.
D’ailleurs, chez les Annamites, une fête religieuse ne serait pas complète, si elle n’était terminée par un repas. Je n’eus garde de déroger à la coutume. Mais ce fut en vain que, d’après mes ordres, on appela au festin les malheureux vaincus ; ils se cachaient si bien, qu’il n’y eut pas moyen de les trouver.
La fête étant terminée à la satisfaction générale, chaque groupe regagna joyeux son village, et moi je rentrai dans ma prison» (Annal., etc., n. 14G, p. 20 et suiv., an. 1853).