Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume : 6 novembre 2026
CHAPITRE XXXVI.
(FIN DU PRÉCÉDENT).
Des filles d’anthropophages ou d’idolâtres abrutis devenues tout à coup des vierges chrétiennes, c’est-à-dire tout ce qu’il y a de plus beau, de plus sublime, de plus angélique !
A la vue de ce miracle mille fois répété que dirait le monde païen, lui qui, sous Auguste, ne put trouver sept vestales dans l’empire des Césars ? Moins incrédule que les impies modernes, il s’écrierait :
Le doigt de Dieu est là : Digitus Dei est hic ! et il aurait raison. Le sixième don du Saint-Esprit est le don d’entendement. Les actes qu’il produit et qui forment la sixième béatitude sont des actes révélateurs d’une connaissance claire des vérités chrétiennes, de magnanimité dans la foi, de conformité soutenue entre la pratique et la croyance, en un mot, le règne effectif du surnature dans l’homme et dans la société.
« On dirait, écrit un missionnaire de l’Océanie, que le Saint-Esprit en personne s’est fait le catéchiste de l’enfant dont nous allons parler. J’ai trouvé à Tonga un petit prodige, auquel vous aurez peine à croire. C’est un enfant de cinq ans, et toutefois déjà assez instruit pour que je n’aie pu l’embarrasser par aucune question de catéchisme, en l’interrogeant de toutes les manières.
Ce petit ange nous a demandé la permission d’apprendre la doctrine chrétienne à ses parents qui, à l’exception de son père et de sa mère, sont encore tous dans le paganisme. C’est un catéchiste d’autant plus excellent, qu’on ne peut rien refuser à son innocente simplicité.
C’est lui qui dit le Benedicite et les Grâces dans la famille. A peine a-t-il vu célébrer la messe cinq ou six fois, et déjà il en imite toutes les cérémonies. Une feuille de bananier lui sert de corporal ; une coquille de mer lui tient lieu de calice. Quand il sera grand, répète-t-il, il veut la dire tout de bon. Plaise à Dieu que cette vocation s’affermisse, et qu’un jour l’Océanie le compte au nombre de ses apôtres ! » (Annal. de la Propag., etc., n. 104, p. 36, an. 1846).
Le don d’intelligence, qui ouvre si merveilleusement l’esprit de l’enfant, produit dans l’homme fait une sorte d’intuition de la vérité, en sorte que la foi, dégagée de ses sombres voiles, devient inébranlable.
En ce genre, rien ne surpasse l’exemple donné par le roi de Bongo, au Japon. Sa conversion fit la joie de l’Église. Dans la suite, accablé d’adversités et d’humiliations, au moment où tout semblait conjuré pour troubler sa foi, il prononçait solennellement ces belles paroles :
« Je jure en votre présence, Dieu puissant, que, quand tous les Pères de la compagnie de Jésus, par le ministère desquels vous m’avez appelé au christianisme, renonceraient eux-mêmes à ce qu’ils m’ont enseigné ; quand je serais assuré que tous les chrétiens d’Europe auraient renié Votre nom ; je Vous confesserais, reconnaîtrais et adorerais, m’en dût-il coûter la vie, comme je Vous confesse, reconnais et adore pour le seul vrai et puissant Dieu de l’univers» (Annales, etc., n. 125, p. 225, an. 1849).