Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume : 23 octobre 2026
CHAPITRE XXXV.
(SUITE DU PRÉCÉDENT).
« Alors les mandarins, qui savaient qu’elle était exténuée de faim, lui firent présenter des aliments et lui dirent de manger en signe d’apostasie. Elle répondit aussitôt : Si c’est à vos yeux une apostasie de manger, je vous déclare que je mourrai de faim, plutôt que de prendre la moindre nourriture ; mais, si vous n’y voyez qu’une action ordinaire et indifférente, je mangerai. Le mandarin confus lui dit avec colère : Tu es une entêtée, mange comme il te plaira.
«La femme et la fille du mandarin, touchées de compassion pour la vierge chrétienne, unirent leurs instances à celles des juges, et l’exhortèrent vivement à renoncer à la foi ; mais elle résista à cette nouvelle tentation, comme elle avait résisté aux menaces. Conduite dans la ville métropole, elle soutint à diverses reprises les mêmes combats et toujours avec une constance inébranlable. Elle est encore en prison» (Annal, n. 76, p. 261, an. 1841.
Près de semblables épreuves que sont les nôtres, sinon des jeux d’enfants ? Si nous succombons, c’est que le don de force nous manque. Lorsqu’il est dans une âme il opère ce que nous venons d’admirer, et ce que dit un pieux auteur : « Le bois recollé avec de la colle forte se brise plutôt ailleurs qu’à la soudure. Il en est ainsi de l’âme unie à Vous, mon Dieu, par le don de force : témoin les martyrs.
Il était plus facile de séparer le pied de la jambe et la tête du cou, que de les séparer de votre amour. En eux, la crainte avait formé ce double cordeau de la charité difficile à rompre. Ils vous aimaient de tout leur cœur, sans erreur ; de toute leur âme, sans résistance ; de tout leur esprit, sans oubli. Seigneur, accordez-moi un pareil amour, afin que je ne sois jamais séparé de Vous» (Idiotœ contemplat., c. XIV).
CHAPITRE XXXVI.
(FIN DU PRÉCÉDENT).
4Au cinquième degré de l’échelle mystérieuse qui nous conduit à Dieu, nous trouvons le don de conseil : il se traduit par la cinquième béatitude. Nous faire courir avec ardeur où la voix de Dieu nous appelle, chercher tous les moyens de la connaître, nous dégager, autant que les conditions de l’existence terrestre le permettent, de tous les obstacles à notre perfection, et, pour cela, ne reculer devant aucun sacrifice.
Tels sont les actes béatifiants qui révèlent dans une âme la présence de l’Esprit de conseil. Nous le voyons resplendir dans la conduite des premiers chrétiens. Comme le monde païen l’admirait, il y a dix-huit siècles, dans la conduite de nos pères ; le monde moderne, redevenu païen, est forcé de le reconnaître dans celle de nos jeunes frères de la Chine et de l’Océanie.